REALISE PAR PETER JACKSON AVEC NAOMI WATTS, JACK BLACK ET ADRIEN BRODY

 

king kong

 

 

Après l’incroyable trilogie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson avait de quoi se payer une carte d’une blancheur immaculée auprès des studios. C’est ainsi qu’il se paya un de ses plus grands rêves, tourner SON King Kong, plutôt que la version « hollywoodienne » qui lui avait proposée en 1996. Un petit cadeau de lui à lui d’environ 200 millions de dollars, réalisé avec personnalité, talent, et un enthousiasme communicatif.

Grand fan du film original de 1933, Peter Jackson n’allait pas se contenter d’un simple remake mais d’une vraie relecture, et surtout la sienne. L’histoire débute en cette même année, dans un New York en pleine Dépression où se croisent Ann Darrow, jeune actrice de music-hall au chômage, et Carl Denham, réalisateur mégalomane prêt à tout pour tourner son grand film de la dernière chance avant d’être lui aussi à la rue. C’est ainsi qu’il embarque avec lui plus ou moins volontairement dans son aventure Ann, son scénariste Jack Driscoll, une équipe de tournage réduite et l’équipage douteux d’un navire qui ne l’est pas moins. Car Denham veut filmer Skull Island, île oubliée où le monde serait encore à l’état sauvage.

Avant de commencer à voir ce film, il faut savoir qu’on est parti pour un périple de 3 heures. Il faut donc avoir le temps, et ne pas se presser des scènes d’actions, car l’arrivée sur l’île ne se fait pas en un quart d’heure. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de perte de temps, voir même parfois un montage un peu trop rapide dans cette première partie. Une fois sur Skull Island, Peter Jackson s’en donne à cœur joie et ça se sent. Visuellement déjà : décors irréel, mélange de jungle et de ruines millénaires, indigènes dignes des plus sombres images vaudou, dinosaures fortement dentés, insectes et vers géants, la sauce « Jackson » présente depuis Bad taste et parfaitement utilisée dans le Seigneur des Anneaux marche toujours. Dans la mise en scène, c’est du grand spectacle, entre la poursuite de brontosaures, le combat incroyable entre Kong et 3 T-Rex et une scène assez angoissante au fond d’un gouffre, tout cela agrémenté de plans dynamiques et clairs à la fois, on ne s’ennui pas, même si on a le temps de souffler.

 

king kong

 

 

Les acteurs sont tous au poil, Adrien Brody est comme d’habitude naturel dans son personnage, Jack Black cabotine comme un dingue et rend Carl vraiment intéressant, et Naomi Watts joue parfaitement son rôle de femme forte et sensible aux prises avec un gorille de 10 mètres de haut, « joué » en motion capture par Andy Serkis, qui tenait un rôle analogue en tant que Gollum. Le réalisme de Kong est d’ailleurs très bon, dans ses mouvement, ses attitudes assez enfantines parfois et ses expressions.

Ici, pas de pamphlet écolo ou de réflexion sur la nature humaine explicites ou trop en avant, le tout reste vraiment en fond, sans pour autant sembler être là par hasard. Le mot d’ordre est « divertissement », et cela est tenu plus que correctement jusqu’à la scène finale obligatoire de l’ascension par Kong de l’Empire State Building sous les tirs de l’aviation. Fin tragique, inévitable, qui ne s’étend pas en larmoiements inutiles. Bref, du grand cinéma grand public, habité d’une certaine innocence un peu trop rare aujourd’hui qui fait partie de son charme.

 

(Article écrit par Emkalan)