A travers son livre paru en 2005 aux éditions Cheminements, Guillaume Moingeon nous invite à un voyage à travers le temps. Certes ce livre intéressera plus particulièrement les bretons qui pourront reconnaître à travers les 27 histoires vraies des lieux connus. Mais ce livre est aussi intéressant même pour ceux qui ne connaissent pas la Bretagne …

Crimes en Bretagne.
Qui est Guillaume Moingeon ?

Né en 1961 à Toulouse, Guillaume Moingeon n’est donc pas d’origine bretonne mais il vit aujourd’hui à Nantes. Il vit de son écriture depuis vingt ans. Il fut d’abord journaliste, puis, en 1997, il invente le métier de biographe familial qu’il baptise également « Nègre pour inconnus » (en littérature le « nègre » est celui qui prête sa plume pour écrire). Ainsi, chacun d’entre nous peut laisser un témoignage de sa vie sous la forme d’un livre : il suffit juste d’ envoyer à Guillaume Moingeon un manuscrit qu’il nous aide à corriger afin d’en faire un livre publié en un, dix, cent, milles, … exemplaires selon le désir de la personne. Guillaume Moingeon a aujourd’hui rédigé ou retravaillé plus de 200 récits familiaux et permet ainsi à ceux qui le souhaitent d’être les héros du livre de leur vie. Guillaume Moingeon publie son premier livre en 1993 : un recueil de nouvelles fantastiques ( « Nouvelles et pourtant fort anciennes » ). A ce jour, il a rédigé plus d’une centaine d’ouvrages, tous aussi différents les uns des autres : romans d’aventure, biographies familiales, recueils de nouvelles et de poésie, guides gastronomiques, témoignages, histoires d’entreprises, … Ses œuvres ont pour thèmes principaux tout ce qui touche à la Bretagne et à la mer. Aujourd’hui Guillaume Moingeon est donc à la fois biographe familial et écrivain. Cette particularité lui a valu de multiples apparitions à la télévision et il anime parfois des conférences sur le récit de soi, le journal intime, ou encore sur « l’autobiographie aidée ».

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Crimes en Bretagne

Ce livre contient 27 histoires à lire comme des nouvelles policières à la seule différence qu’ici, tout est vrai : que ce soit les dates, les lieux ou encore les noms. Chaque affaire à été jugée par les cours d’assises de Bretagne entre 1875 et 1935. Ainsi en lisant chaque histoire on peut se balader à travers l’ensemble de la Bretagne : Guer, Pontivy, Bécherel, Lorient, Languidic, Rennes, Quimperlé, Saint-Malo, Augan, Vannes, …
Ce livre a été un travail de longue haleine puisque, afin de l’écrire, Guillaume Moingeon a du se plonger pendant deux ans et demi dans les archives des cours d’assises de Bretagne pour rapporter des faits réels dans son ouvrage. Il a tenu à oublier les affaires connues pour se concentrer plutôt sur les affaires oubliées et ainsi rendre un certain hommage aux nombreuses victimes anonymes.
Ces 27 histoires nous font donc remonter le temps en nous plongeant dans la société de la fin du XIX ème et du début du XX ème siècle. On y découvre la vie quotidienne et le mode de vie de l’époque à travers des personnages qui peuvent être aussi bien attachants que troublants. Les histoires sont racontées avec les mots et l’esprit de l’époque. Ainsi on peut découvrir avec stupeur qu’à l’époque, devant une même cour d’assises un homme qui blessait une bourgeoise pour lui faire avouer où elle cachait son or était parfois bien plus lourdement condamné qu’un homme qui tuait sauvagement son épouse à coups de sabots.

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L’avis de Laetitia56

J’ai trouvé ce livre très intéressant, il change un peu de ce qu’on a l’habitude de lire. Certes, il n’est pas exceptionnel, mais il permet de se plonger dans une autre époque sans difficultés. Je salue d’ailleurs le talent de l’écrivain qui emploie un vocabulaire simple avec un petit quelque chose en plus : le réalisme. De plus, le fait que l’on ait à faire à 27 courtes nouvelles ( est-ce le bon mot pour des histoires vraies ?!) permet une certaine liberté dans la lecture. A mon avis de tels récits n’auraient pas eu la même portée pour les lecteurs s’ils avaient été contemporains à notre siècle. Effectivement, cet ouvrage permet aux lecteurs de découvrir le mode de vie des gens à l’époque, et les bretons, eux, peuvent même reconnaître des lieux connus, peut-être également des noms de famille. Et si vous aviez un ancêtre assassin ?