FILM REALISE PAR RYUHEI KITAMURA AVEC REI KIKUKAWA ET DON FRYE

 

Godzilla Final Wars

 

 

En 1954 naissait une légende, un monstre issu des stigmates d’Hiroshima et de Nagasaki, symbole de la peur de l’atome. Un monstre un peu coincé dans ses mouvements, un peu con sur les bords et dont le hobby consistait à détruire des maquettes de ville et à crier à tort et à travers : Godzilla. 28 films à son actif (en comptant le 27ème, celui de Roland Emmerich) et toujours là, en forme. Et quoi de mieux pour fêter ses 50 ans qu’un gros pot pourri de son passé ?

Avant toute chose, il faut préciser que le réalisateur et scénariste de ce Godzilla Final Wars n’est pas n’importe qui. Il s’agit de Ryuhei Kitamura, un homme qui fait de ses films des véritables mangas live, et qui arrive à avoir le titre de meilleur réalisateur au Fantafestival de Rome avec un film d’action où tout, du scénario au dialogue en passant par les combats, est plus qu’invraisemblable (« Versus, l’ultime guerrier », à voir pour y croire). Sachant cela, on peut se demander ce qu’il va faire subir à ce vieux lézard, tout en mettant le bouton « Second degré » sur ON.

Le film commence… fort, très fort. Un scène de bataille au pôle Sud entre un vaisseau-perceuse et Godzilla, avec moult jets de poudre blanche, éjections de chars en plastique, et rayons laser, jusqu’à congélation de la bête. S’ensuit le générique en forme de clip qui montre des images des précédents films dans un ordre chronologique histoire qu’on voit que les technologies évoluent incroyablement vite, sauf dans les kaiju eiga (films de gros monstres en costume). Mais je suis médisant, parce qu’il ne faut pas oublier qui est aux commandes. Kitamura ne nous épargne rien. Même si l’action met un peu de temps à démarrer, on ne se lasse pas des prestations pitoyables des acteurs, ce qui met encore plus dans l’ambiance. Le héros surjoue comme c’est pas possible, et l’héroïne est d’une mièvrerie Mention spéciale à l’excellent (pas pour son jeu d’acteur, mais pour son charisme) Don Frey en commandant Gordon, à la tête d’une des équipes de l’Earth Defense Force, ou EDF.

Plus de Godzilla, plus de problèmes ? Que nenni, car il y a d’autres monstres géants à combattre (il s’agit en fait des monstres des précédents épisodes de Godzilla..). Et c’est justement le boulot de l’EDF (ils combattent des monstres aussi ? J’étais pas au courant….). Et alors qu’une attaque massive semble sur le point d’anéantir la planète, ils sont tous détruits par les Ixiens (les habitants de la planète X donc), venus les aider et les prévenir de l’impact prochain d’un astéroïde sur Terre. Mais comme l’esprit vif du spectateur s’en doute, ce sont les méchants, qui délaissent bientôt l’approche sournoise pour un déchaînement de leurs forces en manipulant les monstres qu’ils avaient détruit.

On suit alors une double narration. D’un côté, Godzilla qui dessoude les autres monstres un par un, ou carrément trois en même temps à un moment. Ce combat est d’ailleurs anthologiesque, avec Godzilla et un monstre qui s’en envoient un autre comme un ballon, plein de piques. A noter également un combat court mais marrant entre Godzilla version Toho et le Godzilla en image de synthèse de Roland Emmerich. Et de l’autre côté, les humains, qui combattent les Ixiens, venus pour nous choper les mitochondries à l’insu de notre plein gré. Et là, c’est à coup de pisto-laser, de pied, de poing, de moto, d’avion et de katana que ça se règle, sur les musiques terriblement kitsch de Keith Emerson. La poursuite à moto est d’ailleurs assez incroyable, faisant passer celle de Mission Impossible 2 pour une bagarre en trotinette.

 

Godzilla Final Wars

 

Dans les deux cas, c’est une surenchère continue, qui ne lasse jamais, malgré que le film dure 2h. Et puisque c’est de plus en plus gros, on se marre de plus en plus. Et mine de rien, la façon (trop) dynamique de filmer de Kitamura rend très bien. Mais notre second degré est mis à rude épreuve, entre le jeu d’acteur, les costumes, les dialogues et le scénario.

En bref, il s’agit d’un film d’action totalement décomplexé, bourré d’invraisemblances et habité par un esprit kitsch survitaminé, avec des héros gentils et des méchants méchants qui veulent tout détruire (dixit le méchant). Des grosses rigolades assurées donc.

 

(Article écrit par Emkalan)