Janis Joplin (1943-1970) est avant tout une voix. Aujourd’hui encore, son talent pour le chant est reconnu par la plupart des groupes de rock et de blues de son époque. Mais elle n’a, hélas, fait usage de ses performances que sur quatre albums studios, avant de mourir en 1970 d’une overdose d’héroïne, dont l’album posthume Pearl.

 

Revenons un instant sur la discographie et l’histoire de cette chanteuse hors du commun.
Née en 1943 au Texas, Janis Joplin fait des études à Ausin, qu’elle ne mènera jamais à leur terme, mais qui lui permirent de rencontrer un duo de blues avec qui elle forme le groupe Waller Creek Boys. C’est également à cette époque qu’elle s’adonne à la drogue et à l’alcool pour oublier son physique assez ingrat qui lui vaudra le « charmant » titre d’Homme le plus laid de l’Université d’Austin (charmant, les étudiants américains, hein ?).
Le groupe ne dure pas et Janis part à Los Angeles puis à San Francisco, vivant de petits boulots et fréquentant les pubs où se retrouvent des musiciens de jazz et de blues qui l’influenceront grandement dans ses chansons futures.
C’est à San Francisco qu’elle rencontre Chet Helms, manager d’un groupe de blues rock qui commence à poindre, Big Brother and The Holding Company. Ce dernier lui offre de venir dans son groupe après avoir constaté son talent et sa voix, ce qu’elle accepte.

 

 

Janis Joplin Big Brother And The Holding Company

 

–  1966 : Big Brother And The Holding Company

En 1966, sort le premier album du groupe éponyme. Ce disque enregistré en quatrième vitesse est pratiquement bâclé et ne satisfait ni le public ni les musiciens.
C’est en 1967 que le groupe connaît le succès après s’être produit devant plus de 70 000 personnes au festival de Monterey. Janis interprète des chansons de célèbre chanteuses de blues noires (c’est important symboliquement, vu qu’elle a toujours lutté pour un meilleur respect des noirs dans les états du Sud) en y mettant une intensité qui pousse le public « au bord de la transe ». C’est à cette occasion qu’elle est repérée par Albert Grossman, imprésario de Bob Dylan (déjà très connu), qui rachète l’année d’après le contrat de Big Brother and The Holding Company.

 

 

Janis Joplin Cheap Thrills
–  1968 : Cheap Thrills

En 1968, le groupe sort son second album, qui est immédiatement un grand succès (plus d’un million d’albums vendus le premier mois de sa parution), notamment grâce aux reprises de Piece Of My Heart, d’Emma Franklin, et de Summertime, de George Gershwin. La musique oscille entre un rock très actif, un jazz tranquille et un blues lancinant, guidée par la voix de Janis Joplin, plus vaillante que jamais. Cet album restera pour la plupart l’un des meilleurs de Big Brother and The Holding Company.
Mais c’est également cette année qui marque une importante scission au sein du groupe avec le départ de Janis Joplin et du guitariste Sam Andrew qui formeront le Kozmic Blues, dont les tendances sont plus Rythm’n’Blues déjanté et psychédélique (à l’image de la chanteuse dont la consommation de drogue s’est accrue).

 

 

Janis Joplin I Got Dem Ol Kozmic Blues Again Mama

 

–  1968 : I Got Dem Ol’ Kozmic Blues Again Mama

L’unique album du groupe, I Got Dem Ol’ Kozmic Blues Again Mama, contient les morceaux les plus énergiques de Janis (notamment les célébrissimes Try Just A Little Bit Harder et Work Me Lord). Le succès sera immédiat, l’ambiance soul de la plupart des titres mêlée à l’énergie de la chanteuse plaisant énormément.
En 1969, Janis tourne dans un film musical, Monterey Pop, qui ne rencontrera qu’un succès mitigé.
La formation du Kozmic Blues ne dure pas et, en 1970, le groupe se sépare. Janis fonde un nouveau groupe, considéré comme son meilleur, The Full Tilt Boogie Band, qui entreprend une tournée au Canada avant d’enregistrer un album. Malheureusement, Janis meure d’une overdose d’héroïne dans sa chambre d’hôtel avant que le disque ne soit totalement achevé. (Le rapport d’autopsie est formel et ceux qui prétendent qu’elle a été assassinée sont probablement les même qui pensent qu’Elvis Presley vit encore caché quelque part…)

 

 

Janis Joplin Pearl
–  1971 : Pearl

Pearl (le surnom de Janis par ses musiciens) paraît en 1971 et contient des morceaux plus « achevés » musicalement que les trois précédents et d’une grande variété. Le superbe Me and Bobbie Mc Gee côtoie le non moins célèbre Mercedes Benz, morceau enregistré quasi a cappella par Janis Joplin, accompagnée d’une guitare sèche.

 

 

–  En définitive, Janis Joplin aura été l’une de ces étoiles (ou de ces perles) de la musique, à la carrière brève mais intense. Si elle n’a pas révolutionné la musique de son époque, son influence se fait sentir auprès de très nombreux groupes qui la déclarent comme « la meilleure chanteuse de rock du monde » en 1970.

 

(Article écrit par Funram)