2001, Gorillaz débarque avec leur album éponyme. Ce groupe concept, mené par Damon Albarn, leader de Blur, regroupe des influences aussi diverses que variées : rock anglais, dub, reggae, pop, hip-hop, punk, musique cubaine, trip-hop et un peu d’indéterminé. Car Gorillaz, c’est en partie cela : de la diversité homogène. Aucun morceau ne ressemble à un autre, mais on reconnaît la patte à chaque fois.

 

Gorillaz Gorillaz

 

Peut-être peu avenant à la première écoute, il s’apprécie de plus en plus au fur et à mesure des écoutes, de la compréhension de la musicalité particulière de chaque morceau. Les pistes de l’album s’enchaînent comme dans le juke-box déglingué d’un disquaire. Un point notable et plus qu’agréable est l’omniprésence des basses (voire des sub-basses), quel que soit le style de morceau. Les caissons vont avoir du boulot, et c’est tant mieux. Un morceau s’intitule d’ailleurs à juste titre « Double bass », avec deux basses en duel sur du down tempo, avec orgue électrique, scratches et autres sons étranges.

 

Etrange, c’est le mot qui peut venir aux oreilles conformistes. Car du premier au dernier morceau jonglent voix atypiques, voir cartoonesques, aussi bien sur la guitare sèche de « Re-Hash » que sur l’envolée électrique de « M1A1 », qui contient un extrait de « Day of the dead », le troisième volet de la tétralogie des morts-vivants de George A Romero. Il y a aussi le rock binaire au possible de « 5/4 », des morceaux tranquilles aux paroles et aux notes intrigantes comme « New genius », « Tomorrow comes today », avec harmonicas et violons, « Strashine » avec son ambiance dub, ou « Slow country » et son bruitage de soufflerie. On retrouve aussi les incontournables « Clint Eastwood » et « 19-2000 », passés et repassés à la radio et à la télé, le rythmique, amusant et spatial « Man research », le déjanté « Punk ». Egalement deux morceaux de choix : « Rock the house », très De la soul, et « Latin simone » avec Ibrahim Ferrer, bonne connaissance de Damon Albarn.
–  Pour finir, deux bonus tracks, un remix jungle de « Clint Eastwood », et une version plus pêchue de « 19-2000 », sympathiques mais pas indispensables.

 

–  Un album très très bon donc, à conseiller à tous ceux qui aiment la musique, les musiques, et les choses un peu différentes sans tomber dans l’expérimental.

 

(Article écrit par Emkalan)