Originaire de Géorgie, Katie Melua, fille d’un chirurgien réputé amené à se déplacer régulièrement, va vivre son enfance dans des villes différentes : Moscou, Batumi (Géorgie) et Belfast. Agée 13 ans, elle envisage de devenir historienne. Mais à l’âge de 15 ans, elle gagne une compétition musicale grâce à l’interprétation du titre « Whithout You » de Mariah Carey . En 2004, ayant fini ses études d’arts à la brit school, la jeune fille, alors âgée de 19 ans, signe un contrat de 5 albums avec sa maison de disques et enregistre son premier, « Call of the search ». Ses influences sont : Queen, Joni Mitchell, Bob Dylan, Eva Cassidy, la musique folk irlandaise et la musique indienne. On peut décrire le style de Katie Melua comme étant proche de celui de Norah Jones, mêlant à la fois jazz, blues, folk et pop.

 

Katie Melua Call of the search

 

 

Le premier morceau « Call Off The Search » donne le ton de l’album, à la fois doux et jazzy. Suit ensuite « Crawling Up A Hill » (de John Mayall) , très swing, où l’on remarque que la voix chaleureuse et douce de cette artiste peut aussi monter en puissance. La chanson suivante, « The Closest Thing To Crazy » est une petite merveille parlant d’un thème classique certes (histoire d’amour) mais avec beaucoup de nuances dans la voix : il ne s’agit pas d’une de ces chansons larmoyantes, et dégoulinantes de bons sentiments mais d’une émotion intelligemment retranscrite par, justement, toutes ces nuances. « My aphrodisiac is you » décrit l’amour comme une drogue avec des intonations de voix nuancées, allant de la douceur à un ton plus assuré et soul. « Learnin’ the blues » (de Randy Newman) est un retour au calme à tendance jazz. De la même manière que dans « The Closest Thing To Crazy », les nuances dans la voix ainsi que la présente discrète du piano dans « Blame it on the moon », superbe morceau, mettent en valeur les émotions, les doutes qu’on peut avoir sur les sentiments (c’est le thème de la chanson).

 

 

Composé par Katie Melua, « Belfast (penguins and cats) » fait référence avec poésie à ses déplacements géographiques connus durant l’enfance. « I think it’s going to rain today » est un morceau plus mélancolique, cette impression de mélancolie étant renforcée par les arrangements orchestraux (violons/piano). Sur « Mockingbird song » , la voix de la chanteuse se fait plus sexy. Avec la chanson « Tiger in the night » , c’est un retour à l’émotion avec le thème de l’amour et une belle claque musicale : on en reste « scotché » tellement l’émotion est bien rendue par sa voix. Composé par Katie Melua, le morceau « Faraway voice » , musicalement très doux, est apaisant et envoûtant. Katie Melua conclut l’album en beauté avec une reprise de Jeff Buckley, « Lilac wine » ,qu’elle chante avec beaucoup de nuances et d’émotion, sa voix semblant décrire douceur, ivresse et égarement.

 

 

Si l’univers jazz/folk de Katie Melua se rapproche de celui de Norah Jones, on peut tout de même remarquer qu’elle est beaucoup moins « éthérée » que cette dernière. En effet, sa voix est a plus de nuances (plus de nerf et plus sexy), ce qui lui permet d’étendre avec brio une palette étendue d’émotions dans ses chansons. Sa voix fait un peu penser à celle de Kylie Minogue (référence au duo avec Nick Cave dans « Where the wild roses grow » ) pour la douceur, et aussi à celle de Gwen Stephani pour le côté sexy (dans le morceau « Mockingbird song » ), avec de la puissance en plus. Ajoutez à ceci une touche jazz/folk/pop et un choix de reprises intelligent (John Mayall, Randy Newman, Jeff Buckley) et je pense que l’on reparlera très bientôt de cette chanteuse talentueuse. Si vous aimez Emiliana Torrini et Molly Johnson , il y a des chances pour que vous aimiez également la musique de Katie Melua.