Pour enrayer la stagnation qui touche le basket français depuis plusieurs années, la Ligue Nationale de Basket s’est lancée dans un énorme chantier de réformes sur cinq ans. Les premières manœuvres commencent dès cette année.

Avec une couverture médiatique faible, l’exode des meilleurs joueurs de l’Hexagone et des résultats au niveau européen décevants depuis une décennie, le basket français stagne alors qu’il connaît un developpement plus rapide chez nos voisins européens, notamment en Italie et en Espagne. La LNB (Ligue Nationale de Basket) a décidé de réformer le système actuel pour rendre le basket professionnel plus attractif. Ce chantier est prévu pour durer 5 ans.

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Le Basket français en panne

Arrivé en septembre 2003 à la tête de la LNB, René le Goff a tout de suite décidé de prendre les choses en main, quite à bousculer les habitudes pour redorer l’image de ce sport. Aussitôt en place, le nouveau patron du basket professionnel a demandé un audit afin d’évaluer l’état actuel du basket français. Les conclusions de cette étude, recueillies dans un Livre Blanc sont pour le moins inquiétantes :
– Premier gros point noir : la stagnation du nombre de spectateurs dans les salles. La moyenne s’élève à environ 3200 spectateurs par match, affluence faible due à des salles de faible capacité.
–  Deuxième souci de taille, le basket est absent dans les grandes villes (Marseille, Lille, Bordeaux, Nantes…) et connaît un relatif échec à Paris, alors que la région parisienne constitue un énorme vivier de jeunes joueurs.
–  Enfin, les budgets des différents clubs de Pro A sont trop disparates. En effet, huit clubs alignent des budgets inférieurs à 2,5 millions d’euros alors que ceux de Pau Orthez et l’ASVEL avoisinent les 6 millions d’euros. Des investissements fragiles qui entraîne le départ des meilleurs joueurs français vers l’étranger.

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Les réformes sont en marche

Le chantier ne fait que commencer mais une réforme de taille a déjà été mise en place concernant le championnat et plus particulièrement le déroulement de la finale. Celle-ci sera disputée en un match à Bercy et non plus au meilleur des deux manches, ce qui permettra de concentrer les médias sur un match fort. Cette mesure a été calquée sur le modèle du rugby où la finale du championnat de France se déroule au Stade de France. Les play offs ont également été modifiés : ils concernent désormais 12 clubs au lieu de 8, la qualification se jouera au points-average des matches aller-retour (le principe du match d’appui est donc supprimé). Enfin, le nombre de joueurs étrangers par club est limité à six afin de promouvoir l’avènement de joueurs français.

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La salle de Pau-Orthez

Et les clubs dans tout ça ?

Ils sont bien évidemment concernés par les réformes. Chaque équipe de Pro A devra posséder une salle pouvant contenir 3000 personnes, puis, à plus long terme une capacité de 5 000 places. Le budget d’un club engagé dans l’élite ne devra pas être inférieur à 3 millions d’euros. Enfin, tous les clubs devront avoir le statut de société et abandonner pour certains celui d’association. A l’horizon 2008, la Ligue espère ainsi dégager une élite resserrée d’au moins 12 clubs constituant une « Super Ligue Professionnelle de basket ».

Conclusions

Ces réformes engagées par le président de la Ligue sont de bonne augure car le basket a toute sa place dans le sport collectif français et attire chaque année de nombreux jeunes dans la pratique de ce sport (le nombre de licenciés n’a jamais cessé de progresser). Dernier atout de taille, l’investissement de Tony Parker dans le basket français. Le joueur des Spurs de San Antonio s’est impliqué dans un projet de relance du Paris Basket Racing, une initiative qui pourrait bien agir comme locomotive et tirer le basket hexagonal vers le haut.