Devendra Banhart, jeune Américain d’une vingtaine d’années, est déjà l’auteur de plusieurs albums folk : « Oh me oh my way the day goes by the sun is setting dogs are » (2002) , The Black Babies (EP / 2003 ) , « Rejoicing in the Hands » ( avril 2004 ) et « Nino Rojo » (septembre 2004). Avec une voix comparée à celle Nick Drake, la simplicité de sa musique et la poésie de ses textes étranges nous plongent en plein retour vers les années folk hippie 1960 / 1970.

 

Devendra Banhart Rejoicing in the hands

 

–  2004 : Rejoicing in the hands

L’album « Rejoicing in the hands » s’ouvre avec le morceau « This is the way » qui fait penser au style de Cat Stevens pour sa simplicité (guitare/voix). Plus sombre, l’entêtant « It’s a sight to be hold » prend la suite où Devendra Banhart chante d’une voix un peu tremblante accompagné de quelques instruments à cordes semblant être des violons ou violoncelles. La chanson suivante, « The body breaks » reprend le style du premier morceau « This is the way » : guitare et voix. Les arpèges se font plus et rapides, entêtants et inquiétants, sur le morceau « Pougtikeepsie ». « Dogs they make up the dark » est une morceau très court (à peine une minute) avec des rythmes doux en arpèges qui sonnent presque comme des morceaux de guitare sèche classique. La mélodie du chant de « Will is my friend », dicrètement accompagnée au piano, a quelques accents blues tout en gardant une certaine douceur. « This beard is for stobhan », excellent morceau, commence de manière un peu mélancolique (voix tremblante) , voire carrément larmoyante, pour finir dans une sorte de joyeuse folie instrumentale et vocale (voix erraillé accompagné en force par les instruments).

« L’hypnotique See saw » rappelle parfois certaines chansons de Tom Waits pour la mélodie lancinante du chant. A côté des morceaux précédents, le morceau « Tits smokins in the temple of artesanmimihti » (instrumental) paraît un peu fade malgré le fait qu’il soit techniquement très réussi (arpèges / slide). Avec ses quelques arpèges et la voix de Devendra Banhart doublée d’une autre féminine, le morceau « Rejoicing in the hands » sonne très « hippie ». « Fall », plus rythmé et entraînant, est fait d’une mélodie de chant ensorcelante, de mélodies de guitare (jouées en arpège au début puis en accords à la fin) accompagnés de rythmes qui ressemblent un peu aux rythmes africains. Retour au calme avec « Todo los dolores » qui donne une touche espagnole à l’album. Quand on entend « When the sun shone on vetiver » , on dirait que cette chanson a été écrite dans les années 70 à cause de son côté bien planant et psychédélique. On trouve dans blues, calme, et volupté sur le morceau « There was sun » avec un petit côté country en plus. Dans le morceau « Insect eyes », on retrouve une voix légèrement tremblante et le côté Cat Stevens dans le jeu de guitare même si ce morceau se finit de manière un peu plus sombre. Avec une mélodie de chant presque murmurée accompagné au piano, « Autums child » vient clore l’album en douceur.

 

 

Devendra Banhart Nino Rojo

 

–  2004 : Nino Rojo

Dans la même lignée que « Rejoicing in the hands », on remarque en plus dans cet album la présence de cuivres dans le morceau « We all know ». Musicalement, on reste dans la même structure folk (guitare et voix) que l’album précédent : « Wake up », « little sparrow » , « Ay mama », « Little yellow seider », « My ships », « Sister », « Horse headed flesh wizard », « An island », « Owl eyes », « The good red road », « Electric heart ». Le morceau « Bekind » est un peu plus rythmé et étoffé du côté des instruments (piano, harmonica). La chanson « Noah » fait penser au style de John Lennon (refrain) tandis que « Water may walk » rappelle le style de Neil Young ( cf album « Sleeps with angels » ). On retiendra aussi « A ribbon » qui est un morceau d’excellente qualité (guitare + voix).

 

–  Avec toute la simplicité de la voix accompagné à la guitare, la musique de Devendra Banhart donne envie d’enfiler un pantalon patte d’éléphant, de s’allonger dans l’herbe et de se mettre des fleurs dans les cheveux. Par ailleurs, il se dégage de ces albums un ambiance particulière : une sorte de poésie parfois proche de l’onirisme. Si vous aimez Cat stevens, Bob Dylan et autres artistes folk des années 70, la musique agréablement planante de Devendra Banhart vous plaira sans doute.