Rob Dougan est un australien qui s’est fait connaître au milieu des années 90 dans le milieu undergroud de Londres grâce à ses remix. En 1995, il sort le titre « Clubbed to Death » qui le fait connaître plus amplement. Sa renommée s’accroît d’autant plus lorsque ce titre est utilisé dans la bande originale du film The Matrix (la scène de discussion entre Néo et Morpheus dans la rue avec l’apparition de la femme en robe rouge). Il a également travaillé avec des artistes connus comme Kylie Minogue et Moby. « Furious Angels » (2003) est son premier album.

Composé, écrit et interprété en grande partie par Rob Dougan, son album n’en est que plus cohérent. Un assemblage de musique orchestrale, uniquement un orchestre de cordes, de piano et de rythmes trip hop et big beat (ou parfois aucune boite à rythme) porte la voix grave et triste de Rob Dougan sur 9 des 14 titres de l’album.

 

Rob Dougan Furious Angels

 

Les cinq autres morceaux sont des instrumentaux. « Prelude », qui ouvre l’album en douceur, prépare le terrain à un « Furious Angels » (présent sur la bande originale de The Matrix Reloaded) épique, à la fin apocalyptique avec un thème de violon en pleine entropie. Vient ensuite l’orchestral « Will you follow me ? » , un instrumental ressemblant un peu au thème de la série Stargate SG1. « Left me for Death » et « I’m not driving anymore » posent l’ambiance sentimentale et désespérée de Dougan avec des accents plus pop, mais toujours portés par l’aspect aérien des violons et des sons de basse pour noircir l’ambiance. « There’s only me » , « Born yesterday » et « Speed me towards Death » sont également dans ce style. « Nothing at all » se démarque du lot avec une ambiance particulière : Basse omniprésente en fond, sons électro planants et une guitare dont les aiguës répondent à une voix tourmentée. « Drinking song » sort également du lot avec en composante musicale un piano et un orchestre de cordes. « One and the same » pourrait faire penser à un morceau de Moby avec plus de chant. La version instrumentale sans boîte à rythme de ce morceau est également présente (elle s’appelle d’ailleurs « Instrumental » ), ce qui donne un morceau entièrement joué par un orchestre de cordes. Mais le titre le plus imposant de l’album est peut-être le fameux « Clubbed to Death » qui mêle des tendances d’industrial avec piano et violon sur une boîte à rythme trip hop couplé à une ligne de basse cardiaque. Un titre dont il est impossible de se lasser malgré la durée et l’aspect plus électro qui tranche légèrement avec un album qui tend fortement vers les compositions d’instruments réels.

 

Fatalistes, solitaires, presque nihilistes, les textes sont dans un registre assez triste et sont en accord avec les musiques. Les titres des chansons donnent déjà une idée du contenu. Mais aucune répétition entre les paroles des différents morceaux chantés. Que se soit au niveau des textes ou de la musique donc, on distingue facilement un morceau d’un autre. Ses influences vont de Jean Cocteau à Yasunari Kawabata (romancier japonais Prix Nobel de Littérature en 1968).

 

L’avant-dernier morceau, justement appelé « Pause », est un silence de 32 secondes. Il fallait y penser. Peut-être pour les plus sensibles qui n’oseraient pas appuyer sur le bouton du même nom pour respirer un peu entre deux morceaux qui ne laissent pas indifférents. Par contre, certains titres peuvent paraître un peu pompeux selon l’humeur du moment, mais une fois mieux disposé, ils se laissent de nouveau écouter. Rob Dougan aime les sanglots longs des violons, et nous les fait aimer à sa manière.

 

(Article écrit par Emkalan)