A ce moment, l’exil de John depuis bientôt 6 années préoccupe le groupe. Il s’était brouillé avec Anthony et avait laissé le groupe en plan, prenant peur pour son intégrité d’artiste. Mais c’est lorsque Flea l’invite pour un boeuf dans son garage que l’alchimie reprend. Entre temps, Frusciante a eu des activités diverses. Il a sombré dans la drogue et sorti deux albums, Niandra Lades&Usually Just A T-Shirt en 1994, et Smile From The Streets You Hold en 1997. C’est début 1998 qu’il rejoint les trois autres poivrons pour la composition du nouvel album. Californication (1999) renoue d’entrée avec les vestiges de Blood Sugar Sex Magik, tout en les conjuguant avec une approche plus mélodique de la composition, que les Red Hot, en pleine maturité, semblent développer progressivement.

 

Red Hot Chili Peppers Californication

 

Around The World résume ainsi cette formule : une entrée en jeu d’une basse survoltée suivie d’une guitare épileptique, des couplets surréalistes rappés par Sieur Kiedis, et un refrain harmonieux, planant, marquant la première véritable apparition des choeurs de Frusciante dans la musique du groupe.

 

« Californication » sonne alors comme l’album de la renaissance de la formation RHCP la plus cohérente, alternant des morceaux aux sonorités parfois punk (« Get On Top » ), parfois plus funky (« I Like Dirt », « Purple Stain » ), mais l’ensemble du disque est plutôt rock. Evidemment en totale rupture avec « One Hot Minute », le style plus humain et moins calculé de John permet au groupe d’accéder à une seconde jeunesse, mais déjà les fans sont partagés. En effet, certains trouvent que l’album, parsemés de ballades magnifiques comme « Scar Tissue », « Otherside » (au succès phénoménal), la sensible « Californication », l’entêtante « This Velvet Glove » et l’ésotérique « Savior », n’est pas « digne » d’un album des Chili Peppers, et beaucoup devaient espérer alors que Frusciante permette au groupe de sortir un second BSSM…
Or, il faudra désormais s’y faire, le guitariste a quelque peu troqué ses riffs abrasifs contre de nouvelles harmonies d’accords plus émotionnelles. La page OHM est bien tournée, exit les poses fluettes et équivoques, les délires androgynes, les Red Hot retrouvent leur virilité légendaire, tout en accédant au statut de groupe grand public, grâce à des singles comme « Californication », « Scar Tissue », ou « Road Trippin », ballade accoustique au coin du feu achevant l’album sur une note apaisante… Enorme succès commercial, « Californication » triomphe et se vend à plus de 8 millions d’exemplaires dans le monde. Prenez alors une personne au hasard, demandez lui de citer un album des Peppers, sans hésitation, ce sera « Californication ».

 

–  S’en suit alors une tournée mondiale à la mesure d’un tel succès, dont résultera la première vidéo live du groupe, « Off The Map », un assemblage de morceaux mixés avec un son tonitruant, d’une bonne qualité mais qui sera souvent décrié par les fans à cause du fait que ça n’est pas une seule prestation complète des Peppers qui soit restransmise, mais un montage de plusieurs soirées.


–  article précédent sur les Red Hot Chili Peppers – L’intégrale ( 4 / 6 )

–  suite de l’article Red Hot Chili Peppers – L’intégrale ( 6 / 6 )

 

(Article écrit par Systry)