Né aux aux Etats-Unis en 1949, Tom Waits s’intéresse très tôt à la musique. Très jeune, il apprécie les textes de Bob Dylan et apprend à jouer du piano seul. Parallèlement à l’enregistrement de ses albums, il se lance dans l’écriture et la musique de film ( One from the heart de Francis Ford Coppola ) , ainsi que dans le cinéma en tant qu’acteur ( The Fisher King de Terry Gilliam ). Sa musique, du blues-rock-jazzy aux ballades folk très sombres, peut être décrite comme profonde et primitive.

 

 

Tom Waits Bone Machine

 

–  1992 : Bone machine

Dans l’ensemble, cet album de Tom Waits est très blues avec un son plutôt brut. On pourrait même parler de « blues primitif » ( cf les morceaux « Earth Died Screaming » , « Murder in the Red Barn » ). On y trouve aussi des chansons plus douces ( et très belles ) telles que « Who Are You » , « Little Rain » ainsi que la déchirante ballade blues « Dirting the ground » et l’énigmatique « Black Wings » . Dans cet album, les textes sont plutôt sombres, mis à la part « I Don’t Wanna Grow Up » ( assez amusante ) où il se met dans la peau d’enfant qui refuse de grandir en décrivant, avec son regard, le monde des adultes.

 

 

Tom Waits Mule Variation
–  1999 : Mules Variation

« Mules Variation » s’ouvre avec un blues-rock « Big in Japan » pour enchaîner avec une chanson scotchante : « Lowside of the road ». La troisième chanson, « Hold on » est une ballade ( pas la meilleure ) . « Get behind the mule » , morceau blues accompagné quelques percussions, est très dépouillé. Une autre ballade prend la suite : « House where nobody lives » . Allez, rock-blues (avec de faux airs de country ) avec « Cold water » . La chanson suivante, la ballade « Pony » , met plus en avant la voix ( erraillée , style blues man ) de Tom Waits. « What’s he building ? » est un morceau très sombre : quelques bruits, un texte récité par Tom Waits , quelques sons d’instruments perdus … en résumé, très glauque. Le côté sombre se poursuit avec « Black market baby » qu’on dirait tout droit sorti d’un film d’horreur ( très beau morceau cependant, triste et entêtant ). Le morceau suivant « Eyeball kid » , est nettement plus rythmé et expérimental ( voire tribal ? ). Piano pour la ballade-blues « Picture in a frame » … tandis que « Chocolate Jesus » retombe dans la marmite du blues-country tranquillement. Une autre ballade au piano : « Georgia Lee » … « Filipino box spring hog » , blues-rock torturé, a un son plus « sale », et la mélodie du chant fait penser à Nick Cave. Les premières notes au piano de « Take it with me » nous amènent vers une ballade ( la plus belle de l’album ) , chantée avec une voix beaucoup plus douce, ce qui contraste énormément avec le morceau précédent. L’album se termine en douceur avec « Come on up to the house » , la voix cassée de blues man revenant au premier plan.

 

 

Tom Waits Alice

 

–  2002 : Alice

La première chanson « Alice » sonne plus jazz que blues. Du blues torturé avec « Everything you can think » et expérimental avec « Komme nie zu spät » même si cet album semble plus fait de ballades sombres ( « Flower’s Grave » , « No one knows I’m gone » ) que de blues primitif comme celui qu’on pouvait entendre sur « Bone Machine » . « Tabletop Joe » fait penser aux ambiances piano bar avec ses sons blues-jazzy. « We’re all mad here » , renoue avec l’ expérimental renforçant le sentiment de folie décrit dans la chanson. Un album sombre mais qui apparaît plus apaisé que les précédents.

 

–  Ceci n’est qu’un aperçu de la discographie de Tom Waits puisque ce dernier a fait une vingtaine d’albums. Ce qu’on peut dire sur ces trois albums, c’est qu’ils évoluent progressivement vers l’apaisement, le côté sauvage et torturé laissant la place aux ballades sombres. Parmi ces trois albums, « Bone machine » est sans doute le plus intéressant car on y trouve des émotions et des expérimentations musicales extrêmes. Un album riche, pour ne pas dire indispensable.