C’est ma première découverte de Kraftwerk (qui signifie « Usine », ou « Centrale »), un des rares groupes allemands de renommée internationale (citons en d’autres, comme Scorpions, ou Rammstein) faisant et ayant quasiment créé la musique électronique, qu’on appellerait aujourd’hui plus vulgairement techno. Ce CD, sorti en 1979, soit environ au moment où le bébé-punk meurt à peine né, marque sûrement le début d’une nouvelle ère.

Déjà, on peut examiner la pochette pour se rendre compte du soin qu’on y a apporté. On y observe les 4 hommes, deux sont impassibles et deux sourient. Ils sont debout, leur visage blanchâtre, leurs lèvres rouges, regardent vers la droite comme vers l’avenir et sont vêtus de rouge et de noir, se confondant ainsi avec la teinte générale de la pochette. « Man-Machine », le titre exprimant l’oxymore thématique du CD, est inscrit en plusieurs langues dans une police d’usine, et également en russe dans des symboles rappelant les affiches de propagande soviétique.

 

Kraftwerk The-Man-Machine

 

La musique de Kraftwerk telle que je l’ai découverte est entamée sur « The Robots », ingénieux titre pouvant rappeler un travail à la chaîne obsédant, ininterrompu et aliénant. Rien d’organique dans ce début, aucune voix, uniquement des boites à rythmes et des samples généreusement arrangés. C’est ce qu’on retrouve de toute façon sur ce court CD de 6 titres, où Kraftwerk semble exposer à travers leur musique la vision d’un monde mécanisé, automatisé, où seuls quelques chants et quelques mélodies moins robotiques subsistent sur les pistes suivantes. Les mélodies paraissent quelque peu sans espoir face à la mécanisation générale, mais cette morosité qu’elles nous impriment est d’une grande saveur. »Spacelab » et « Metropolis » sont d’une beauté surprenante. L’ambiance générale est futuriste (ce CD n’a pas du tout vieilli), mécanique et morne. Quelques bribes très apaisants de chant interviennent tout de même dans « The Model » et semblent converser avec le synthétiseur. L’écoute de ce CD montre bien vite qu’il a sûrement été à l’origine d’une révolution plus ou moins importante dans la musique, et il est évident qu’un groupe comme Radiohead s’est fortement (mais à bon escient) inspiré de certains accents de Kraftwerk, en les mêlant avec leur lyrisme caractéristique.

–  Bref, du bonheur mécanique.

 

titres :

1. The Robots (Bartos/Hutter/Schneider) – 6:12
2. Spacelab (Bartos/Hutter) – 5:55
3. Metropolis (Bartos/Hutter/Schneider) – 6:02
4. The Model (Bartos/Hutter/Schneider) – 3:42
5. Neon Lights (Bartos/Hutter/Schneider) – 8:55
6. The Man-Machine (Bartos/Hutter) – 5:28

 

(Article écrit par Systry)