Le retour des Pixies, quoiqu’on en dise sur sa nature (qui est avouée, les Pixies ont apparemment besoin d’argent), nous apporte beaucoup de choses. Tout d’abord, un best-of inutile pour tous ceux qui possèdent déjà la discographie du groupe, qui vous fera une vague de mutilation sur votre porte monnaie. Ensuite, une série de concerts, qui, s’ils ne possèdent pas la fougue des premiers vers la fin des années 80, sont relativement bons. Et finalement, évènement dans la discographie du groupe, un DVD !

 

Pixies dvd

Sorti en 2004, ce DVD possède quatre parties.

–  La première partie (Live) est un concert du 1er mai 1988, dans un bouge que je ne saurai pas nommer (EDIT : ah si c’est Londres). A l’époque seuls Come On Pilgrim et Surfer Rosa ont vu le jour parmi les disques des Pixies. L’ambiance est fixée dès le premier titre, The Holiday Song, les farfadets investissent la scène, branchent leurs instrus, Black Francis gratouille son accoustique et çà commence, à la grande joie du public. La suite est d’une intense qualité. Ce que je trouve merveilleux dans ce concert, c’est son authenticité. Cà et là on trouve mille et preuves que le show n’est pas un de ces concerts rôdés à la Rolling Stones (attention ceci n’est pas une attaque envers les Stones), les Pixies en jouant témoignent de leur profonde sincérité et d’une volonté ferme de jouer leur musique. Premier détail qui sautera aux yeux, les tenues. On voit bien que les Pixies se foutent pas mal de leur look, la preuve étant ce magnifique T-Shirt que portent Charles Thompson (aka Black Francis), et le pauvre ayant trop chaud, une épaisse marque de sueur se répand progressivement de son cou jusqu’a son torse. Les autres sont pas mal sapés non plus, je vous épargne le T-Shirt flottant de Kim Deal et le mini-short de David Lovering. Certes, certes, mais… et la musique ? Musicalement c’est très bon, tous les membres assurent largement et tiennent le coup, sauf quelques foirades qui ont leur place, et leur charme dans ce concert excellent, car tellement vrai. On pourra notamment voir que Black a parfois du mal avec ses guitares sur Ed Is Dead, le pauvre pète une corde et finit la chanson en se frottant le ventre, mais en chantant et piaillant de plus belle, l’air pourtant mal assuré. On remarquera également que Kim Deal a dû expérimenter le réglage de la hauteur du micro pour la première fois au début de l’imparable et très speed Nimrod’s Son, on entend un petit boïng pendant Where Is My Mind… Bref, que de détails amusants, mais pourtant les Pixies ne lâchent pas l’affaire, et poursuivent le concert admirablement, en livrant notamment une version mémorable de Hey (qui était un avant goût de Doolittle à l’époque), une interprétation encore plus débridée de I’ve Been Tired, et une émouvante complainte avec Levitate Me… Il faut préciser que le son est d’époque, qu’il n’a pas été retouché en studio (ou presque pas), et que pour peu que vous ayez des enceintes puissantes, vous ressentirez toute l’ambiance du concert comme si vous étiez, ce qui sous entend évidemment que le son n’est pas toujours au top, surtout vers le début, quand les réglages se font, mais qu’importe, ils ont la niaque. Et puis cette Kim Deal… quel charme !

–  Ensuite, la deuxième partie (Clips) , moins importante regroupe les clips du groupe. Elle ne possède qu’un très maigre intérêt vu le type de clip qu’aimaient faire les Pixies. Pour illustrer mes propos, je vous laisserai le soin de visionner par vous même Velouria (incompréhensible : bravade ?), ou Here Comes Your Man (merveille d’auto- dérision : plutôt hilarant), ou les autres, peu originaux et esthétiques, si l’on en excepte la machine de guerre Debaser, honnêtement très réussi, avec son défilement permanent d’images étranges (et plus ou moins subliminales ?), clip qui pourrait être l’inspiration ce qu’a fait Korn en 2002 dans sa vidéo de Here To Stay .

–  La troisième partie (On The Road) est un reportage fait avec une caméra d’amateur (c’est une personne de leur équipe qui les a filmés durant toute la tournée), montrant les Pixies dans le bus, les Pixies en répèt, les Pixies qui font du tourisme, les Pixies sur scène, etc… Il y a de quoi séduire un fan, mais pas de quoi s’extasier sur ce bonus là, si ce n’est pour constater qu’à l’époque les farfadets s’entendaient apparemment très bien.

–  La quatrième partie (Gouge) , c’est un mini documentaire retraçant toute la discographie des Pixies passée au crible par des admirateurs comme par exemple : Thom Yorke, David Bowie, PJ Harvey, Bono de U2 et aussi… par les membres du groupe eux mêmes, à l’exception de Kim Deal, qui n’apparait pas une seule fois (ou alors j’ai mal vu) dans ce reportage. Mais il y a un défaut du DVD que cette dernière partie va me permettre d’évoquer, c’est l’absence totale de sous titres ! Or, nous ne sommes pas tous anglophones, et ne serait ce que des sous titres anglais auraient déjà bien servi à la compréhension de Gouge et On The Road… Mais bon, un DVD assez complet comme celui là permet d’excuser les concepteurs pour ce point faible.

–  En bref, il vous faut absolument ce DVD, pour peu que vous aimiez un minimum la musique des Pixies, car sachez le, la fougue de ce concert est bel et bien révolue aujourd’hui, même s’ils continuent d’assurer…

 

(Article écrit par Systry)